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Conférence à l’ambassade de Géorgie en République fédérale d’Allemagne What’s in for us? The EU and Georgia’s Membership Perspective (Qu’en est-il pour nous ? Les perspectives d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne)

Le 3 décembre 2019, notre organisation a pris part à une conférence à l’ambassade de Géorgie en République fédérale d’Allemagne (Berlin), sur les perspectives d’intégration de la Géorgie à l’Union Européenne (UE) : „What’s in for us? The EU and Georgia’s Membership Perspective” (« Qu’en est-il pour nous ? Les perspectives d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne »). Nous avons eu la possibilité de nous entretenir avec Mme. La Professeure Tanja Börzel de la Freie Universität Berlin, M. Le Professeur David Aprasidze de l’Université d’Etat de Tbilissi, Mme. Viktoria Palm de l’Institut d’études européennes, M. Le Professeur Thomas Risse de la Freie Universität Berlin et tout particulièrement, M. Vakhtang Makharoblishvili, Premier Ministre Député de Géorgie aux relations internationales.

Avec M. Makharoblishvili, nous avons notamment discuté des relations privilégiées qu’entretenaient la Géorgie et la France. Celles-ci, principalement en tant que partenariats culturels et académiques, mais aussi en tant qu’interventions militaires communes et que soutien réciproque au sein d’organisations internationales telles que le Conseil de l’Europe et les Nations unies.

De cette conférence, il en est principalement ressorti que la Géorgie et sa population étaient prêtes à intégrer l’Union européenne : elles en partageraient les valeurs politiques et manifesteraient, à ce titre, ardemment leur désir d’intégration. En effet, la Géorgie comme l’Union européenne, valoriseraient la démocratie, en appelleraient au libéralisme et seraient averties des bienfaits de l’appartenance à une organisation politique et économique régionale telle que l’UE. M. Le Premier Ministre Député de Géorgie aux relations internationales, estime que cette demande d’intégration de la Géorgie à la « famille européenne », serait une « volonté civilisationnelle ». Autrement dit, la Géorgie serait décidemment européenne, cette question aurait été tranchée depuis bien longtemps.

Pour autant, on peut identifier trois obstacles à l’intégration de la Géorgie au sein de l’Union européenne. Tout d’abord, un éloignement géographique qui, aux yeux des Européens, réduit le sérieux de l’adhésion géorgienne et plus globalement, des pays orientaux à la Mer noire, à l’UE. Ensuite une faible sensibilisation de l’opinion publique européenne au cas géorgien. Enfin, un accroissement des liens entre la Russie et la Géorgie, notamment en termes de commerce.

Il a été mentionné que le plus gros risque pour l’Union européenne en ce qui concerne la Géorgie, serait donc une « balkanisation » du pays. Avec une constance des promesses d’intégration non-sérieuses, le pays, à l’instar de la Serbie, de l’Albanie ou encore de la Macédoine du nord, pourrait s’orienter vers la Russie plutôt que vers l’Union. A ce titre, Mme. Victoria Palm estime que l’Union européenne, sans imposer ses propres règles de manière verticale et ascendante, doit soutenir les initiatives géorgiennes qui vont en leur sens. Pourtant, il apparaît qu’en dépit des critères géographiques, politiques et de considération d’opinions publiques, c’est la faiblesse économique du pays qui demeure le plus gros frein à l’adhésion géorgienne à l’UE. 

Ainsi, nous pensons qu’avec certains pays, l’Union européenne devrait développer une coopération politique avant une coopération économique. En effet, alors que la population géorgienne semble partager les valeurs politiques, mais pas les requis économiques de l’Union, il serait pertinent de proposer un lien politique plutôt qu’un lien économique entre les deux entités.

En ce sens, le paradigme du processus d’intégration de l’Union européenne en serait fondamentalement inversé. Alors que traditionnellement, l’intégration politique était considérée comme un approfondissement de l’intégration économique, il s’agit de renverser cette logique : dans certains cas, l’intégration politique devrait précéder l’intégration économique pour cristalliser les positions géopolitiques de l’Union avant qu’il ne soit trop tard. Dans cette mesure, nous adhérons à l’idée de Mme. La Professeure Börzel, selon laquelle l’Union européenne doit proposer des réformes politiques et sociales à la Géorgie.

A cette fin, M. Makharoblishvili a invité l’Union européenne à faire de la Mer noire, une « région de paix et de connexion, plutôt que d’instabilité ». L’Organisation des jeunes pour l’Union européenne et Africaine est convaincue que l’intégration européenne, peu importe sa forme, apporte stabilité, paix et prospérité aux peuples.

Nous remercions tous les partenaires de cette rencontre :

La Fondation Konrad-Adenauer ;é’

L’ambassade de Géorgie en République fédérale d’Allemagne ;

L’ambassade de la République fédérale d’Allemagne à Tbilissi ;

Le projet EU-LISCTO de la Freie Universität Berlin ;

L’Institut Goethe ;

Et le Ministère des affaires étrangères de Géorgie.

Remerciements particuliers à l‘attention de :

M. Vakhtang Makharoblishvili, Premier Ministre Député de Géorgie aux relations internationales, pour l’entretien que nous avons eu ;

Et M. Le Professeur Eric Stollenwerk pour sa cordiale invitation.

David ANTONI, 

Chargé des relations internationales,

Chargé des affaires européennes,

Détaché à Berlin,

Organisation des jeunes pour l’Union européenne et africaine,

3 décembre 2019.

(image de couverture de First Channel : https://1tv.ge/en/news/vakhtang-makharoblishvili-bulgaria-germany-also-ready-agreement-legal-employment-georgian-citizens/ )

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